Mohamed Toukabri
Every-body-knows-what-tomorrow-brings-and-we-all-know-what-happened-yesterday
© stef stessel
Présentation
Mohamed Toukabri est accueilli en résidence de création du 12 au 23 février 2025 à la Friche la Belle de Mai, pour travailler autour de son nouveau solo, présenté en avant-première mondiale dans le cadre de la 20ème édition des Rencontres à l’échelle en juin 2025.
Avec Everybody-Knows-What-Tomorrow-Brings-And-We-
All-Know-What-Happened-Yesterday, Mohamed Toukabri s’aventure en terrain inconnu, où le mouvement devient à la fois excavation et rébellion. Connu pour sa capacité à naviguer entre les mondes - qu’il s’agisse de la rue et de la scène, du hip-hop et du postmodernisme, du personnel et du politique - Toukabri tourne maintenant son regard chorégraphique aiguisé vers l’architecture même de la danse.
Dans cette performance, il démantèle les hiérarchies ancrées dans le corps, questionnant qui peut bouger, comment et pourquoi. La pièce respire l’urgence de décoloniser l’imagination, de créer un espace où les traditions de la danse ne sont pas en concurrence, mais dialoguent, où des formes longtemps considérées comme « basses » tiennent leur place face aux formes canonisées.
Foot work s’intègre parfaitement aux changements de poids ; la virtuosité et la vulnérabilité coalescent. Le titre est à la fois une provocation et un rappel : le poids de l’histoire nous accompagne, et la danse de demain est façonnée par les choix d’aujourd’hui. Quelle responsabilité avons-nous dans ce que nous transmettons, dans ce que nous effaçons ou maintenons ? Cette œuvre n’offre pas de réponses faciles, mais insiste sur le fait que nous, en tant que témoins, sommes impliqués dans l’acte de réimagination.
Ce qui rend ce moment du parcours de Toukabri si saisissant, c’est son refus audacieux de se contenter d’une solution. Après avoir perfectionné son art au sein d’institutions et dans la rue, il revendique aujourd’hui une voix chorégraphique qui lui est propre : enracinée mais non liée, profondément personnelle mais s’adressant à une prise de conscience collective. C’est plus qu’un solo, c’est une invitation à aller au-delà du connu, dans une danse où tous les corps, toutes les histoires, ont leur place.