Le « wanderer », le vagabond, c’est ainsi que se définit Abdul Haq Haqjoo, voyageur forcé à l’exil, dans ce récit autobiographique qui mêle théâtre documentaire et marionnettes.
À trois reprises, il a dû fuir son pays, l’Afghanistan. La dernière remonte à 2021, après le retour des talibans. Abdul Haq Haqjoo est alors parti avec sa femme, ses quatre enfants et quelques affaires — parmi lesquelles son nez de clown et des marionnettes. À Kaboul, il avait enseigné le théâtre, créé un festival, une compagnie … Doctorant à Aix-Marseille Université, Abdul Haq Haqjoo, s’est employé à travailler le volet artistique de sa thèse autour des « Traces biographiques et mémorielles dans la pratique du théâtre contemporain. »
De l’Afghanistan à la France, en passant par le Pakistan et par l’Allemagne, sa propre histoire est au cœur de cette création. Les déplacements géographiques répétés ont provoqué une perte des repères et un vertige. L’artiste revisite dans un seul en scène, les moments fondateurs de sa vie, les données de son identité, son éducation affective et religieuse. Il ose questionner les croyances des anciens et dire « je » - ce qui n’est pas l’usage en Afghanistan. Il cherche la vérité et la pratique artistique légitime sa quête.
Le travail s’appuie sur une rigueur scientifique puis trouve son propre langage empreint de poésie et d’humour. Au plateau, cette exploration fait résonner plusieurs voix et se livre dans une forme qui croise le théâtre d’objet, le théâtre de marionnette et le jeu de l’acteur.