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Rupak Tal · Selma et Sofiane Ouissi

→ En résidence du 9 au 15 mars 2026 et en juin à la Friche la Belle de Mai, les chorégraphes présenteront une étape de travail lors de la 21ème édition du festival.

Présentation

Là où une partition invente d’autres partitions, entre corps et paysage sonore

“Ce projet est né d’un temps long. De conversations, de pratiques partagées, de gestes mis à l’épreuve avec Tom Pauwels. De collaborations où la musique n’a jamais été un accompagnement, mais un espace de pensée, un véritable partenaire du corps. C’est dans cette continuité, faite d’échanges, d’expérimentations et de confiance, que nous nous retrouvons aujourd’hui autour de Rupak de Lala Rukh.

La rencontre avec l’oeuvre de Lala Rukh, découverte par Sofiane en 2024 à la Sharjah Art Foundation, a constitué un point d’ancrage décisif. Une économie de moyens, une rigueur du geste, une répétition insistante capable de rendre perceptible ce qui, autrement, resterait invisible. Son travail résonne profondément avec notre manière de penser le corps : comme archive, comme partition, comme mémoire politique.

Rupak est pour nous un point de bascule. À la fois oeuvre sonore, fondée sur un cycle rythmique à sept temps issu de la tradition hindoustanie, et oeuvre graphique composée de partitions, de notations et de tracés, elle entre en résonance directe avec nos recherches menées depuis plusieurs années autour des gestes des femmes potières de Sejnane, lorsque le rythme du travail devenait écriture et que l’écriture produisait de l’espace. Nous y retrouvons une même attention au temps long, à la répétition, à la précision et à la patience du geste.

Le projet se construit en étroite collaboration avec Tom Pauwels. Sa première approche de l’œuvre de Lala Rukh s’est traduite musicalement par un collage de perspectives sonores multiples. Autour des hiéroglyphes de Rukh, il a imaginé des cercles sonores concentriques, laissant volontairement un espace central afin que l’œuvre puisse s’exprimer depuis son propre noyau. Avec la danseuse et performeuse Maïté Jeanolin, un raga hindoustani classique (Bilaskhani Todi, en 7/8, à l’image même du matériau source de Lala Rukh) a été enregistré en plusieurs couches, tel une calligraphie vocale. Cette approche permet de se rapprocher progressivement de l’essence des tempi et de la microtonalité de l’œuvre originale.

D’autres strates du collage sonore proviennent de field recordings réalisés à Montauk Point, près du Watermill Center (Long Island, États-Unis), lors d’une résidence en décembre 2025. La mer y occupe une place centrale, à la fois paysage sonore et espace de retrait, faisant écho au rapport intime que Lala Rukh entretenait avec elle. Ces matériaux dialoguent avec des pratiques sonores féministes et activistes, notamment celles de l’artiste sonore polonaise Edyta Jarząb, ainsi qu’avec une œuvre existante du compositeur Riccardo Nova pour ensemble instrumental et la chanteuse carnatique Varijashree Venugopal, associée ici de manière intuitive et associative.”