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La mer a changé de couleur

  • Théâtre
  • Création 2023
  • Production déléguée

Julie Kretzschmar

Processus de création : laboratoires et résidences de recherche 2019-2022
Naples, Tanger, Tunis, Athènes, Barcelone, Alger

Un projet imaginé avec Bruno Boudjelal, photographe
Écriture & Mise en scène Julie Kretzschmar
Images Bruno Boudjelal

RESIDENCES

Juin 2019 : Laboratoire de recherche et performances à Naples (Italie) | Napoli Teatro Festival
Février 2021 : Résidence à Tanger (Maroc) | Ambassade de France/Cinémathèque de Tanger
Février 2022 : Résidence à Tunis (Tunisie) | Institut français /Villa Salammbô
Septembre 2022 : Résidence à Tanger et étapes publiques | Ambassade de France/Cinémathèque de Tanger
Novembre 2023 : Résidence à Alger (Algérie) | Les Ateliers Sauvages
Printemps 2023 : répétitions à la Friche Belle de Mai à Marseille (France)
Automne 2023 : Résidence à Athènes (Grèce) & Barcelone (Espagne) - en cours
Juin 2024 : Création au Napoli Teatro Festival, Naples

Présentation

Nos travaux respectifs, celui de Bruno Boudjelal comme le mien, s’attachent à questionner depuis longtemps la reconstitution des récits identitaires et des trajectoires migratoires. Nous travaillons ensemble à co-écrire, l’un prend des images et l’autre prend des notes, pour éclairer certains endroits, quelques grandes villes dans lesquelles des gens vivent autrement, attendent ou s’installent, sans que ces formes de vies ne soient reconnues comme telles.
Nous collectons, nous inventons aussi, face à cette tragédie immense, celle de la vie des migrants subshariens dont les trajectoires se fabriquent envers et contre l’inhospitalité.
Dans des villes, Tunis, Tanger, Naples mais encore Athènes, Barcelone et Alger, le rêve et l’avenir sont plus importants pour ces personnes rencontrées que le passé. Ces villes parce qu’elles sont des stations pour les personnes migrantes, ni des endroits de départ, ni des points d’arrivée. Il s’agit pourtant d’un avenir incertain, imaginé en grande partie en s’appropriant des morceaux de culture, des objets, des allures.
Comment celles-ci, ces villes justement ré-inventent des fictions, redécoupent les espaces de sociabilité́ avec celles et ceux qui n’y sont pas accueuilli·es, comment raconter des urbanités qui se déplacent.

OÙ SE (NOUS) PLACER ?

Au hasard de nos rencontres, avec des personnes en situation de migration, avec des habitant·es qui les accompagnent sur place dans les méandres de leurs tentatives d’inscription sur ce territoire, nous fabriquons des fictions, parfois inventons des personnages à partir des histoires entendues.
L’éthique de notre méthode qui n’en est pas une, une volonté de ne pas prendre mais de partager des moments de vie, des expériences collectives comme des aventures individuelles pour raconter ce qui nous affecte et nous transforme.
Il est question au-delà de nos deux présences de la relation, d’une relation parfois violente et furtive, d’un côtoiement indécis, brutal parfois mais cependant humain entre différentes formes de vie dans les villes.
La création fera récit de la façon, depuis nos perceptions, dont les gestes, les déplacements, les manières de traverser et d’investir les espaces s’inscrivent d’autres manières d’être des hommes.

En 1959, Pier Paolo Pasolini écrivait un journal, longeant la côte amalfitaine, dont l’essentiel a été publié par le mensuel Successo.
Lorsqu’il aperçoit la baie de Naples, depuis la route et à la tombée du jour, il écrit Il mare ha cambiato de colore - la mer a changé de couleur -. Extraite de son journal, La lunga strada di sabbia– longue route de sable - cette exclamation poétique recouvre depuis ici et maintenant, une polysémie évidente.
Comment regarder cette mer aujourd’hui pour raconter des formes de vies nouvelles dans des grandes villes méditerranéennes entre visibilité et invisibilité.