danse

Spirit + Fatou t’as tout fait

  • mercredi 20 novembre à 20h30

  • durée : 1h20
    15€/10€ - pass 13€/8€

    1 soirée, 2 spectacles au ZEF !

  • Avec Spirit, Adonis Nebie se lance à corps perdu dans la bataille. Sa zone de conflit est toute intérieure, intime. Piochant dans des partitions composées et d’autres plus aléatoires, la danse se laisse traverser par des niveaux de conception ou de perception divers, voire contradictoires.
    Comment l’artiste chorégraphe parvient-il à combiner dans son solo improvisation et écriture ? Entre préméditation du geste et spontanéité, quelle voie suivre ? Par moments, en totale maîtrise, grâce à un découpage précis du geste, Niebe imprime son ordre et s’engage sur des chemins balisés. À d’autres, l’intensité des mouvements convulsifs balaye toute structure et, à bout de sensations, projette le danseur hors de lui-même. La scénographie reflète ce dilemme, elle est un paysage mental ouvert et complexe, au sein duquel l’interprète se perd, auquel il se heurte, hésitant entre reconnaissance du familier (l’image de son père priant intensément dans la cour de la maison familiale, symbole de communion entre foi intérieure et nature environnante) et hantise d’un piège (d’écriture) qui se refermerait sur lui.
    L’échappée de Niebe se fera par le haut. Le corps habité, puis dénudé de l’artiste burkinabé est un corps offrande, en accord vibrant avec les psalmodies coraniques et les polyphonies corses. Il s’éveille en une danse du premier jour, réconciliant mémoires et abandons, dans un rituel en forme d’exutoire.


    Fatou t’as tout fait… Derrière un titre de stand up trompeur, la chorégraphe malienne Fatoumata Bagayoko nous attend, gravement, offrant un spectacle au propos exigeant, tenu bien serré dans la paume. Et quand elle ouvre la main, c’est avec courage et détermination qu’elle délivre son témoignage personnel de femme malinké et ses souvenirs d’enfant excisée, rejouant sa propre mutilation, passant de la colère modulée au plaidoyer exalté.
    Entre document et exorcisme, Fatou t’as tout fait dit l’excision retraversée et racontée avec les moyens du spectacle, à destination de tous les publics, d’Afrique et d’ailleurs. Tout y est fait, justement, pour frapper les esprits et permettre de comprendre la violence de ce geste ancestral qui consiste en l’ablation de cet « organe sale qui confond les filles avec les garçons ». La pratique persiste aujourd’hui encore. Bagayoko rappelle à un moment la mémoire d’une jeune camarade morte pendant l’acte d’excision, la colère du père, celle du village puis la résignation générale, c’est bouleversant, on croit voir passer un vol de fantômes de fillettes.

    • Spirit
    • production Compagnie Teguerer Danse
    • avec le soutien de L’échangeur – CDC Hauts-de-France, de l’Ambassade de France au Burkina Faso, de Campus France de l’Institut français dispositif Visas pour la création, du Ballet Preljocaj – Pavillon Noir, de La Briqueterie – CDC du Val-de-Marne et de Multicorps
    • remerciements à Simon Abbe et Seydou Boro pour leurs regards complices
    • en coréalisation avec Le ZEF, scène nationale de Marseille
    • Fatou t'as tout fait
    • production Compagnie Jiriladon / C’est Comment
    • avec le soutien de Ankata, de Simply the Best, de Egg-Cowles Foundation et de l'Onda - Office national de diffusion artistique
    • remerciements pour leur accompagnement artistique à Bienvenue Bazié, à Régine Chopinot, à Lacina Coulibaly, à Serge Aimé Coulibaly, à Lila Greene, à Fatou Traoré et à Francis Viet
    • en coréalisation avec Le ZEF, scène nationale de Marseille