théâtre + danse

Zig Zig + Sa prière

  • vendredi 17 novembre à 20h30

  • Une soirée au Merlan :
    le spectacle Zig Zig est suivi, après une courte pause, du spectacle Sa Prière.
    Durée : env. 2h30

  • Les Rencontres à l’échelle et Le Merlan s’associent pour une soirée entre théâtre et danse autour de parcours de femmes résolument engagées.

    Zig Zig — Laila Soliman

    Zig zig. Une onomatopée cinglante prononcée par un soldat britannique envers une paysanne égyptienne qui lui offrait à manger, avant de la violer elle et sa belle-fille, et de tuer son mari et son fils. La scène se passe le 30 mars 1919, dans un village de la région de Gizeh en Egypte, pillé et saccagé par des officiers anglais. A cette époque, Saad Zaghzoul, leader du parti nationaliste égyptien, mène la révolution contre le colonialisme britannique. Fait rarissime, une douzaine des villageoises saisirent la justice pour faire reconnaître ces crimes, leurs interrogatoires ayant été retranscrits et conservés dans les archives du bureau des affaires étrangères à Londres. Au cours de son travail sur son précédent spectacle, Whims of Freedom, Leila Soliman a mis la main sur ces archives, et s’en sert de matériau textuel pour sa pièce qui braque un regard chirurgical sur ce drame oublié de la guerre d’indépendance égyptienne. Sur un plateau quasi nu, quatre actrices soutenues par la musique et les chants d’une violoniste, donnent corps au courage et à l’abnégation de ces femmes. Tantôt inquisitrices ou victimes, leurs paroles se conjuguent par moments au présent, ouvrant un parallèle avec la culture contemporaine du viol. En se basant sur des faits perpétrés il y a 100 ans, la metteuse en scène pose ainsi la question : de quoi l’Histoire se souviendra-t-elle ?


    Sa prière — Malika Djardi

    Solo taillé dans une veine documentaire, Sa prière s’appuie sur une conversation entre Malika Djardi et sa mère. En voix off, Marie-Bernadette Philippon, devenue Aïcha Djardi, raconte sa conversion à l’Islam et sa pratique quotidienne de la religion. Sur le plateau, le corps de sa fille accueille sa parole, l’illustre, en prend le contre-pied ou s’en extrait tout à fait. Bien que foncièrement différentes, les trajectoires des deux femmes laissent entrevoir de surprenantes correspondances, qui tiennent du rituel, de l’engagement et de la croyance. Loin de vouloir opposer son monde à celui de sa mère, la jeune chorégraphe explore leurs communes interrogations face à ce qui nous transforme. À la prière d’Aïcha, Malika répond par une foi inébranlable en la danse. Faite d’énergie explosive et d’émotion savamment contenue, celle-ci électrise de bout en bout sa première pièce, intense et sensible. Le témoignage dansé d’une relation faite de liberté et d’affinités assumées.

  • Zig Zig

    " Si, par son travail, Laila Soliman entend surtout « attirer l’attention sur ces moments oubliés », elle offre par là même un éclairage alternatif sur le mouvement nationaliste de 1919." Dina Heshmat - Orient XXI

    Sa Prière

    " La gestuelle très affirmée, les rondes courues, l'attitude sportive et débordante d'énergie, le jeu des coudes et des poignets...tout construit un univers parallèle mais pas déconnecté de la parole maternelle, dans une relation de liberté et d'affinité assumée, comme entre la danse de Cunningham et la musique de John Cage." Thomas Hahn, Danser canal historique, 2014 

    Sa Prière

    "La pièce installe un jeu de miroirs la mère et la fille, en abordant les questions du corps, du langage et de l’identité." Noémie Coudray, ParisArt
    A écouter sur France Culture
    La Grande table d'été avec Malika Djardi (mai 2015)
    France Culture, partenaire des Rencontres à l’échelle