théâtre - en français & en arabe

De la justice des poissons

  • mardi 15 novembre à 19h30
    mercredi 16 novembre à 20h30*

  • durée : 1h
    15€ / 10€
    avec le PASS : 12€ / 7€
    * dans le cadre des mercredis de montévidéo, adhésion obligatoire à montévidéo (2€)

  • Si l’on se demande ce que parler veut dire, peut-être faut-il se demander d’où vient le « parler » ? Henri-Jules Julien entame un examen scrupuleux des conditions et des lieux du dialogue, interchange les sujets de celui-ci et déploie les décalages que crée le langage.

    Dans De la justice des poissons, l’auteur qui habite Le Caire convie une comédienne syrienne, ici conférencière arabe polyglotte, spirituelle et espiègle. Plutôt que d’initier un dialogue avec le public, il lui suggère de l’inviter à dialoguer avec une idée. Ingénument, elle se demande si, au lieu de dire « Nous, habitants des villes européennes, n’avons-nous pas une part de responsabilité dans les désastres qui se produisent loin de chez nous, par le simple fait que nous sommes riches ? »,  elle remplaçait ce « nous » par un « ils » : comprendrions-nous tous la même chose ? Le glissement entre deux pronoms possessifs, de nous vers ils, change-t-il le point de vue ? « Nous » inclut, « ils » met à distance. Et dans cette distance, quelques malentendus ne naissent-ils pas ou quelques contradictions n’apparaissent-elles pas ? Il faut s’ébattre pour débattre… D’ailleurs, elle dialogue sur scène avec un contrebassiste têtu, s’il en est. Forcés tous deux de cohabiter, étrangers dans un même espace et nécessité faisant loi, parviendront-ils à inventer un nouveau langage… commun ?

    Et si parler voulait dire quelque chose ?

  • " Le texte est enfin dit en arabe, langue de cet au loin qui n’est plus si étranger. La performance de l’actrice, texte en mains, est grave, tendue et émouvante. Sa mélopée chantée provient du tréfonds de l’Histoire et de l’intimité pleurs de peine et de souffrance tentant de rapprocher l’inconciliable de points antithétiques. Déclamant, le sourire aux lèvres, elle jette une amorce qui attire son public, un appât auquel puissent mordre les citoyens du monde conscients et responsables que nous pourrions être, d’autant que l’exigence inextinguible de justice jamais ne se taira. "

    Véronique Hotte

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