performance - création

Pourama Pourama

  • jeudi 26 novembre à 19h
    durée : env. 4h30

  • tarifs : 25€ / 20€ (repas compris)
    jauge limitée : réservation indispensable

  • Trois spectacles nés dans la foulée l’un de l’autre, comme si chacun appelait une suite pour pouvoir former, au final, trois actes d’une seule et même pièce. Dans ce travail d’autofiction au long cours, le comédien d’origine iranienne prend la parole sur quelques épisodes constitutifs de sa vie, de sa petite enfance à son entrée dans l’âge adulte. Des fragments autobiographiques qu’il agence dans un objet à la croisée du théâtre, de l’installation sonore et de la performance, où la place du spectateur est brillamment repensée et la langue très finement ciselée. Qu’il évoque la figure de son père en nous en faisant endosser le masque (Touch me), qu’il se glisse dans les habits de sa mère pour nous concocter un repas doux amer (Taste me) ou qu’il nous entraîne à sa suite dans une surenchère d’amours tarifés (Trade me), Gurshad Shaheman déroule le fil d’un récit initiatique émouvant, tissé entre l’Iran et la France, l’Orient et l’Occident. L’élaboration d’un « je » à la fois personnelle et complètement universelle.


  • Barbara Chossis, VENTILO " Gurshad Shaheman nous convie lors de trois performances dans lesquelles il se met en jeu, lui et ses racines. Dans les premiers actes, la parole se fait par l’entremise d’un enregistrement, tandis que Gurshad partage avec nous sa présence. Dans Touch me, il est surtout question de sa petite enfance en Iran avant la révolution, dans le gynécée familial, en l’absence du père. Or, cette douceur originelle bercée par les légendes ancestrales contraste avec la dureté de l’autoritarisme religieux et paternel qui suivront. Le temps d’avant la révolution s’apparente à un paradis perdu, et cerné par les règles ; Gurshad développe une honte vis-à-vis de son corps que son père n’ose effleurer. Il fait alors appel au public qui doit le toucher pour que le récit continue. Ironie du sort, c’est plus tard que se nouera chez le docteur l’intimité avec le père malade. Changement de décor et de dispositif pour Taste me. Ambiance cabaret pour les spectateurs invités à table à déguster les spécialités culinaires du comédien. On boit et l’on mange tandis que d’une robe et de talons vêtu, il s’affaire aux fourneaux. La lumière est cette fois sur sa mère, jeune fille indépendante rêvant d’être avocate, finalement mariée à 19 ans et dont les ambitions seront brisées avec l’avènement de la charia. Pourtant, un divorce et un exil à Lille plus tard, celle-ci aura finalement réussi son émancipation. Cette partie décrit aussi les premiers émois sexuels de Gurshad, en guise d’introduction au troisième et dernier morceau de la trilogie. Trade me voit Gurshad s’adresser au public directement. Evoluant d’abord autour d’une salle cubique, il y entre ensuite pour mieux raconter ses frasques et ses passes. Les spectateurs, invités un par un à pénétrer dans l’antichambre de sa vie intime, écoutent et figurent ces épisodes amoureux et échanges financiers. Gurshad prend la peau de la diva Gougoush : pas une martyre, mais une sainte. Trois récits composant sa personne, livrés sans fausse pudeur mais avec délicatesse et un aplomb splendide. Rendez-vous en janvier pour la suite du périple sur la même ligne de foi… "
    Revue de presse des Rencontres à l'échelle 2015-16