Quelle est l’utilité d’une couverture ?
danse/musique

Quelle est l’utilité d’une couverture ?

  • mercredi 15 octobre 2008 à 20h30
    jeudi 16 octobre 2008 à 19h30

  • création 2008
    durée : 35'

  • Une pièce chorégraphique où l’urgence d’une parole à dire donne sens au principe d’improvisation et à la nécessité du trandisciplinaire. Marie Mai Corbel, auteur et journaliste de la revue Mouvement, s’insère dans la forme pour questionner en son sein la représentation contemporaine et y convier la parole du spectateur.

    Cette pièce pour un danseur et un musicien interroge sa propre forme à chaque représentation. Elle évolue à l’écoute de situations humaines induites par la conjoncture géopolitique contemporaine avec, au centre de la dramaturgie, l’identité comme une question sans réponse. La « couverture » qu’évoque le titre est à double tranchant : symbole des réfugiés et autres sans logis, elle est aussi ce qui « couvre » les responsables de conflits, ou encore ce qui, en Occident, cherche à être tiré à soi sous la forme d’une « couverture sociale » ou d’un besoin sécuritaire.

    Attentive aux recherches d’Haïm Adri depuis longtemps, Mari Mai Corbel a imaginé une forme de rencontre avec les spectateurs, invités à réfléchir et à dialoguer autour de la pièce, à partir d’une courte performance critique qu’elle donne à l’issue de la représentation.

    Ce n’est pas un cri ni une réflexion intellectuelle très avancée. Ce n’est ni un regard plus poétique qu’un autre ni un départ fantastique dans l’imaginaire. Ce n’est pas une déclaration d’amour terrestre ni platonique, ce n’est même pas l’énonciation d’une nouvelle forme radicale sans précédent ni un retour vers une forme ancestrale. Ce n’est pas plus politique que tout autre acte scénique ni plus terrestre que le besoin de manger. Et c’est peut-être bien tout cela à la fois. Contre le packaging. Contre toutes ces forces, globales dans leur pensée des êtres comme masse, nombre, quantité. C’est ça la proposition. Prendre UN être. L’imaginer (dans son actualité, pour l’en extraire aussi). Lui donner un contexte. Le mettre dans une situation collective. Une situation reconnaissable par un collectif de personne. Et puis, faire agir sa danse. Parler de lui, à travers lui, d’aujourd’hui. »
    Haïm Adri

    La compagnie Sisyphe heureux est un espace de frottement utopique et engagé. Haïm Adri, chorégraphe et interprète, y poursuit une dynamique de confrontations prolifiques, en imaginant des écritures décloisonnées qui font la part belle aux gestes transversaux, en s’intéressant aux nouvelles technologies, au détournement, au croisement de l’art brut et de l’électronique. La création est vécue comme une parole adressée.