Essai de rêves avec chiens
théâtre

Essai de rêves avec chiens

  • jeudi 16 octobre 2008 à 21h30
    vendredi 17octobre à 19h30

  • durée : 45 ’

  • Deux comédiennes, un écran de télévision, un grand écran et un four en marche.
    Sur un plateau dépouillé, deux comédiennes sont assises sur une chaise, chacune sous une ampoule allumée qui pend du plafond. Elles semblent flotter entre l’espace parallèle de la vidéo et l’espace du plateau. Elles pétrissent de la pâte sur leurs genoux et observent le spectateur qui entre. Pétrir la pâte, la cuire, la manger. Un long processus de changement de face pour devenir chien et manger la trace. L’empreinte déformée de l’ancien visage humain qui cuit pendant le spectacle est offerte en dîner au spectateur.

    Création ouverte au hasard, à l’accident. Le rêve est apparu au cours de lectures multiples et relativement hasardeuses guidées par une envie d’explorer la figure féminine, le double et l’éclatement de l’identité ou du moins son brouillage ; et le rêve est resté, devenant central. Rêve nocturne et rêve éveillé, vision, hallucination, apparition. Là où l’espace et le temps se décalent et où l’individu se perd dans un jeu de dédoublement, de perte d’identité et de projection. À l’intérieur du rêve, la violence sourde et enfouie. » Anaïs Pélaquier

    Cette nuit, j’ai rêvé que je devais décapiter ma mère à la hache. Elle était d’accord, à genoux, la nuque offerte, moi debout, la hache à la main, mais je ne pouvais pas faire le geste voulu. Trop atroce. A la guillotine j’aurais pu facilement mais comme ça, non. J’avais tellement peur de m’y prendre mal. Sa nuque était mince, avec des mèches châtain doré qui bouclaient un peu. Second essai, avec l’impression que cette fois j’aurais le courage, je réussirais puisqu’il le fallait. Non. Définitivement non. Je décidais de ne jamais procéder à l’exécution malgré son caractère obligatoire. Décision qui nous apporte un grand soulagement, à Maman et à moi. »
    Beatrix Beck, extrait de Un(e), Éditions Grasset et Fasquelle, Paris, 1989.

    Le collectif 21.29.7 s’attache à la création de formes hybrides à partir de textes d’auteurs contemporains et non exclusivement théâtraux. Ses créations associent différentes disciplines artistiques (danse, musique, arts visuels) dans un processus de recherche et d’expérimentation, à partir d’une réflexion sur les lieux de représentations et le rapport au spectateur.