Tout mon petit univers en miettes ; au centre, quoi ?
théâtre

Tout mon petit univers en miettes ; au centre, quoi ?

  • jeudi 2, vendredi 3 & samedi 4 novembre 2006 à 21h

  • Clôturant son premier cours au collège de France, Roland Barthes explique qu’un cours réussi consiste à ouvrir une vaste entreprise de suggestion. Ouvrir le champ des possibles et non pas clore le champ du savoir. Choisir la proposition plutôt que la position. Notre travail se construit à partir d’une juxtaposition de fragments, d’anecdotes et de frottement de références, procédé barthésien s’il en est. Tout mon petit univers… laisse agir sur le plateau un emmêlement de bribes et de fragments, superpose des pistes et invite le spectateur à y inventer sa propre trajectoire sensorielle. Tels des fils, nos matériaux sont tissés, coupés, dénoués sans jamais dérouler toute la bobine. Ces fils sont pour certains puisés dans l’oeuvre de Barthes, dans ses cours, ses écrits, ses entretiens, pour d’autres extraits de notre patrimoine personnel, diapositives, films de famille, bandes sons. Ils se disposent et se déposent dans une scénographie essentiellement constituée par des images, du son et des corps. L’univers du spectacle tend ainsi à faire exister/transpirer un espace sonore et visuel, bulle ou aquarium habité(e) par des corps en mouvement et en sons, posés juste devant et pourtant très à distance des spectateurs. Il s’agit peut-être surtout d’évoquer notre présent, de le télescoper, en convoquant des signes esthétiques désuets, ceux des années soixante-dix, de creuser une place sensible, voire intime dans les traces d’une pensée intellectuelle marquée, voire datée. Ou encore une façon d’interroger un héritage complexe et d’y rattacher notre présent.

    J.K. & G.Q.